la
MAC de
pérouges

2 juillet — 28 août
Vernissage / brunch
le samedi 2 juillet à 11h30
Exposition ouverte les vendredis, samedis et dimanches de 14h à 19h.
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Exposition collective :
« invasions barbares ».

Ludovic Boulard Le Fur · Claire Chauvel · Gaëlle Foray · Jean Xavier Renaud

Vernissage / brunch le samedi 2 juillet à 11h30

[texte provisoire]
La grande exposition estivale de la MAC est confiée à ces 4 amis de longue dates installés les vertes vallées de l'Ain.

Ludovic Boulard Le Fur


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Né en 1981
Vit et travaille à Belmont-Luthézieu
Visiter le site de l'Artiste → www.ludovicboulardlefur.fr

Ludovic Boulard Le Fur invente les fétiches d’un mythe qui n’a pas de nom. Ses dessins et installations laissent entrevoir une oeuvre-monde en perpétuel mouvement. Remettant sans cesse en question les moyens employés pour la faire exister (peintures, dessins sur papier, bois gravés, frottages, bas-reliefs, sculptures et constructions…), il se fait archéologue d’un passé mystérieux dont les racines pourraient se trouver dans sa fascination pour les vestiges dévastés d’anciennes civilisations, dans les comics américains années 70 ou dans les traditions ancestrales des campagnes françaises.

Tas de gravas, titans abandonnés, épouvantails, fragments de statues, guerriers, randonneurs, baladins, gredins… Ces figures habitées naissent et meurent dans les paysages ardents que dessine continuellement l’artiste. À ses yeux, l’état de ruine n’est pas synonyme de fin mais de renouveau.
texte écrit par Sammy Stein

Claire Chauvel


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Née en 1986
Vit et travaille à Belmont-Luthézieu
Visiter le site de l'Artiste → www.clairechauvel.fr

Claire Chauvel, fragments d’un paysage

Il existe une pratique du paysage en France, dans laquelle on distingue, selon les cas, une fascination pour certains lieux, le désir d’une relation avec la nature, la volonté de transcrire un territoire et en même temps d’y comprendre sa propre présence. On peut par exemple évoquer les noms de Jeremy Liron ou de François Génot. Ni simple enregistrement objectif ni pure quête intérieure, mais tresser l’un et l’autre étroitement ensemble : telle est la peinture de Claire Chauvel.

De l’atelier de l’artiste, installé en pleine campagne, près de massifs montagneux, sort quantité de vues. En réalité, « vues » n’est pas le terme juste. Ces peintures sont chacune un fragment pris à un ensemble qu’on n’embrassera jamais. Perçus de très près, parfois d’un peu plus loin dans la tentative d’en cerner une zone autonome, ces morceaux de nature ne sont pas à proprement parler des « paysages », au sens de ce qui s’offre à la circonspection du regard. On ne pourrait pas non plus employer ce terme pour la grande installation — Immersion — que Claire Chauvel a récemment présentée au Centre d’art contemporain de Lacoux. Le paysage implique en effet une profondeur, le sentiment qu’on peut y avancer, ce qui est rarement le cas ici. La nature est perçue par masses. Immersion se présente presque comme une coupe : ici, le paysage se construit pas à pas, cartographié à l’échelle 1, mesuré en même temps que représenté.

La lumière ne modèle pas ici le paysage, qui ne se construit pas selon un plan établi au préalable, mais par la distribution interne de couleurs. On peut d’ailleurs discerner dans cette pratique le lignage de Cézanne. Certaines zones se renfoncent dans leur propre obscurité tandis que d’autres s’avancent, fortes de leurs couleurs claires. On peut remarquer à quel point le ciel et le sol sont lisses, sans aspérité : ils s’abstraient ainsi des particularités du lieu et servent en quelque sorte de fond neutre destiné à recevoir les pulsations végétales notées, elles, d’une touche plus véhémente. Les rochers, dans leur absence de pittoresque, tiennent alors lieu de balises.

Pourtant, ce fond (nocturne quand le paysage se resserre, diurne quand il s’ouvre) passe souvent devant le motif végétal comme un rideau. La matière bleue, débordant sur ce qui devrait être un premier plan d’herbages, crée l’incertitude sur ce qu’on voit : anfractuosités, fourrés, trouées, ciel ou lacs ? ou peinture pure ? L’objet de la vision ne peut plus être catégorisé par le cerveau. C’est à des sens plus primordiaux qu’il est fait appel.

La difficulté à saisir définitivement l’image et le mystère de la nature nourrissent la quête picturale. C’est la recherche d’un rythme qui permet de créer finalement un lien avec la nature, lorsque la pensée se dissout. L’artiste traque donc quelque chose comme un battement fondamental, à travers une touche rarement sereine, cherchant sans relâche à dégager le paysage de tout ce qui le masque. Mais la quête est infinie : un angle-mort, à chaque fois, subsiste, exigeant la poursuite de la territorialisation, autant intérieure qu’extérieure.
texte écrit par Anne Malherbe

Jean-Xavier Renaud


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Né en 1977
Vit et travaille à Hauteville-Lompnes
Visiter le site de l'Artiste → www.jxrenaud.com

« Mon travail est une chronique du temps présent. Il se construit dans une grande diversité stylistique, sans hiérarchie entre les médiums et les formats utilisés. Je le montre lors d' accrochages massifs (voir les vues de l'exposition au Kunstmuseum Bonn en 2008), mais aussi en isolant de très grands formats (toiles ou dessins) comme lors de l'exposition « Dynasty » au Musée d'art moderne de la ville de Paris et au Palais de Tokyo en 2010.

Les problématiques abordées sont très diverses : L'actualité, les mass médias, l'urbanisme local (Un nouveau parking. 2010. Aquarelle sur papier. 65x50cm.), les situations quotidiennes, notre difficulté à être.

Le langage m’intéresse particulièrement dans sa propriété à figer la pensée, rendant compte des obsessions, des impasses intellectuelles, trahissant les émetteurs. Des jeux de mots, des blagues potaches, des expressions populaires, ou mes propres accès de colère se déploient en images, sous tendues par un besoin de rendre les interactions sociales, de saisir le vécu, les moments, les sentiments et les cultures qui nous façonnent.

En 2014 j'ai été invité au centre d'art contemporain de Lacoux un Hameau de la ville d'Hauteville où j’habite.

Pour cette exposition que j'ai intitulée « politiques Locales » j'ai réalisé une grande gouache sur carton « la défaite » de 500x800cm qui relate la dernière campagne des municipales à laquelle j'ai participé et que notre liste électorale à perdue.

Je vis dans ce territoire rural de montagne entre Lyon et Genève depuis plus de 10 ans. L'échelle humaine de ce secteur à largement favorisé mon implication dans la vie communale et ma compréhension des fonctionnements de la société. Mon amitié avec des agriculteurs locaux m'a par exemple permis de saisir les enjeux et les impasses agricoles actuelles. Je l'ai exprimé dans plusieurs toiles : « route de vaches. » (2015. Huile sur toile. 130X195cm) et « suicide d'agriculteur » (2015. Huile sur toile. 195X130cm) toutes deux récemment acquises par le CNAP.

Ce microcosme affine mon écriture et me donne la sensation d'être dans une société laboratoire dont les possibilités de jeux picturaux sont infinies. »
Jean-Xavier Renaud

Gaëlle Foray


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Née en 1978
Vit et travaille à Hauteville-Lompnes
Visiter le site de l'Artiste → www.gaelleforay.webnode.fr

Je compose des collages et des sculptures à partir de photographies récupérées.

Ce matériau, fossile des aspirations des humains qui l’ont produit, devient alors une matière précieuse pour mon travail. Une base pour inventer une nouvelle réalité, construite par plans et strates de significations.

Par samplage photographique, je commente les rapports des hommes à la nature, l'enfermement dans la consommation, les injonctions de la société, les habitudes obsolètes qui se perpétuent, etc... Mes engagements associatifs et politiques nourrissent mes observations du réel et de ses mécaniques : envers du décor de l'organisation communale, aménagements stéréotypés des territoires, gestion des déchets...
Gaëlle Foray

« Un collage cohérent qui dénonce l'incohérent. La photographie utilisée à la fois comme source et produit de l’œuvre marque le souci de cohérence qui habite l'artiste. Elle ne triche pas : avec pour ressource le produit commun de nos rêves - des amas de photos abandonnées - devenu image collective d’une époque, elle part d’une réalité concrète et objective. Le déchet recyclé devient le reflet de son producteur.

Dans le collage de Gaëlle, la photographie ordinaire devient photographie de l’extra-ordinaire : les images deviennent l’image d’une époque, d’une civilisation.

Par amoncellement, découpage, collage, décadrage, recadrage, empilage, c’est l’origine familiale de l’image qui disparait pour mettre en lumière son origine sociétale. On quitte l’innocence banale du quotidien pour dévoiler le cauchemar coupable d’une société. Lorsque la photographie ordinaire devient extra-ordinaire - extra pour « sortir de » l’habituel – l'art devient une démarche engagée. Des photos récupérées, anonymes, qui, sortant du silence d'un grenier oublié, viennent insulter les habitudes contemporaines. Dans une réflexion sur l’absurdité consumériste, par moquerie et ironie sur notre habitus, elle met en lumière l’obscurité. Par un dégout ou un rire empathique avec l’artiste, nous nous retrouvons face à nous même.

[...] Pour faire sauter les conventions esthétiques le collage a rompu avec la continuité traditionnelle de l'image peinte : il exhibe sa propre élaboration en tant qu'image et affiche explicitement ses procédés de discontinuité. Mais le collage de Gaëlle s'écarte de ces mouvements qui s'émancipe de la « bonne forme ». Son processus de photomontage s'aligne sur des procédés de classicisme pictural. Ses images forment une nouvelle illusion à des fins de réalisme. Elle efface les procédés au profit d'une nouvelle continuité, constituant le collage comme un amalgame indécelable d'éléments iconographiques. Une composition claire et ordonnée dans laquelle le message s’énonce par contraste. Mais elle utilise le classisisme pour ne pas être classique. Ici l'art ne repond pas aux besoins de représentation de la politique dominante. »
texte écrit par Ludwig de Belvalet

Crédits des images présentent sur cette page :


Ludovic Boulard Le Fur
Pierrier Rupestre collage, crayon, aquarelle Format A4 série contrebande 2014
Steles Visages collage, crayon, aquarelle Format A4 série contrebande 2014
L'autoprocesseur collage, crayon, acrylique, aquarelle Format A3 série contrebande 2014
Claire Chauvel
Contrejour huile sur toile 46 x 33cm 2015
Sans titre huile sur toile 46 x 33cm 2015
Sans titre huile sur toile 46 x 33cm 2016
Jean Xavier Renaud
Torche Cul huile sur toile 130 x 195cm 2015
François Hollande huile sur toile 100 x 81cm 2012
Gaelle Foray
L'homme inquiet pierre et morceau de photographie 8 x 4 x 2,5cm 2016
Sècheresse morceaux de photographies, pierre et concretion calcaire 15 x 24 x 10cm 2016
Le motard morceaux de photographies, pierre 6 x 14 x 6,5cm 2016
Le cocktail collage 15,5 x 15cm 2016