5 — 8 mai
Vernissage / brunch
le samedi 7 mai à 11h30.
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Exposition/performance :
« l’Arbre essence de vie ».

Manisha Jha de la tribu Madhubani · Sushila Shyam de la tribu Gond · Reena Umbersad Valvi de la tribu Warli


Vernissage / brunch le samedi 7 mai à 11h30.

Elles peindront un triptyque en public, au milieu de l’exposition de leurs oeuvres.

Exposition ouverte le jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 et dimanche 8 mai de 14h à 19h.

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Exposition réalisée en collaboration avec DUPPATA

Engagée auprès de la défense des minorités en Inde, l’association DUPPATA est composée de bénévoles soucieux de la diversité du monde. Les produits des ventes sont reversés à des ONG indiennes pour la formation professionnelle de femmes démunies.
www.duppata.com

Traditionnellement, ces artistes peignent sur les murs de leurs maisons à des fins propitiatoires ou pour célébrer des moments heureux. Aujourd’hui, elles peignent aussi sur papier ou sur toile. Leurs oeuvres sont autant de remparts face à la standardisation du monde ; elles témoignent de leur attachement à la nature et à des croyances souvent issues de leurs traditions animistes. L’arbre y tient une place considérable. Il les protège et les nourrit. Certains sont sacrés car ils abritent les ancêtres, les esprits et les divinités. Ils jouent un rôle essentiel dans leur vie sociale et culturelle. Il est l’essence de la vie.

Sushila Shyam


Les Gond sont un peuple hétérogène d'aborigènes de type proto- australoïdes, peut-être apparentés aux aborigènes d’Australie. Ils sont plusieurs millions d'individus, dispersés sur les territoires du Centre-Est de l’Inde. Ils se nomment eux-mêmes "Koitur", c’est-à-dire montagnards et sont constitués en clans. Ces différents groupes mènent des styles de vie très différents, certains étant cultivateurs ou pasteurs, d’autres, structurés en castes, danseurs et musiciens itinérants. Les peintres Gond sont issus du clan des "Pardhan", bardes dont les instruments de musique et les chants permettent le lien avec les divinités.

Sushila Shyam appartient à cette communauté. Née en juin 1980, elle a appris à peindre sur les murs par son père Ratan Lal. Elle a commencé sa carrière de peintre après son mariage avec Rajendran Shyam, lui-même peintre-illustrateur reconnu. Sushila utilise le tatouage comme motif graphique et ne cesse de repousser les limites de l’art Gond pour donner vie à des dessins qui pétillent d’une énergie nouvelle. Elle réside maintenant à Bhopal dans le Madhya Pradesh. Elle a participé à de nombreuses expositions organisées par le Gouvernement indien.

Manisha Jha


La peinture Madhubani est un terme ombrelle pour toutes les formes d’arts rituels pratiqués depuis des siècles par les femmes issues de la région de Mithila dans le nord du Bihar. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les femmes de ce village peignaient, sur les murs des chambres nuptiales, des dessins naïfs représentant des divinités ainsi que des animaux, des plantes, etc. Les sources d'inspiration sont diverses, religieuses ou profanes : représentations de dieux et déesses, représentations tantriques magiques, vie du village, mais aussi des thèmes plus proches de la nature, tels les arbres de vie.

Manisha Jha, née en 1968, passe sa jeunesse à Satlakha où sa mère et sa grand-mère, issues de la caste des Maithil, lui transmettent la pratique de leur art. A la fin de ses études, Manisha s’installe à Delhi comme architecte. Grâce à la conjonction entre les langages picturaux traditionnels et la pratique de l’architecture urbaine, Manisha apporte un souffle particulièrement créatif à l’art contemporain indien ; elle est reconnue pour l’inventivité de ses recherches autour de l’arbre de vie.

Elle a déjà exposé en Europe. Au cours de l’été 2015, elle a été nommée par le Gouvernement Indien pour représenter la peinture rituelle de l’Inde aux rencontres de Santa Fé (USA). A son retour, elle a participé à une exposition à Moscou. Elle retournera représenter l’Inde à Santa Fé en juillet 2016 après son séjour à Lyon. Manisha a fondé une école de peinture à New Delhi.

Reena Umbersad Valvi


Les Warli sont un peuple indigène de l'ouest de l’Inde. Ils vivent dans des villages de cases de couleur ocre rouge. Les murs de bambous sont recouverts de boue séchée et de bouse de vache. Traditionnellement, les Warli peignent sur leurs murs. La peinture est effectuée avec un bout de bambou trempé dans la poudre de riz. Les peintures sont construites autour d'un vocabulaire graphique simple : le rond, le triangle et le carré. Le rond et le triangle sont nés de l'observation de la nature. Le rond de l'observation de la lune et du soleil et le triangle de celle de la montagne ou des arbres aux cimes pointées vers le ciel. Seul le carré ne semble pas né de l'observation de la nature et apparaît alors comme une création de l'homme afin de délimiter l'enclos sacré, la parcelle de terrain, la cohésion sociale.

Reena Umbersad Valvi, née en 1975, vit dans le village Sutrakar au Nord du Maharashtra. Très engagée socialement, Reena anime des ‘‘self help groups’’ avec des femmes des villages autour de chez elle. Elle anime aussi des cours de peintures. En l’absence de langage écrit, la pérennité de ce mode d’expression offre aux jeunes générations les clefs pour comprendre, à travers les éléments pictographiques, ce qui continuer à tisser la vie sociale de leur tribu. Grande spécialiste de fresques murales, elle est déjà venue à Lyon en mai 2015 pour présenter son art.

Crédits des images présentent sur cette page :

Image choisie pour le carton d'invitation
Reena Umbersad Valvi Arbre essence de vie toile coton acrylique sur bouse et argile 31 x 25cm